Pour la paix en Iran


Pour la paix en Iran

Quelle chance j’ai eu d’entendre à la télévision Aïda Tavakoli, une jeune et belle Iranienne, répondre à un général fort compétent qui se demandait ce que nous tous qui suivons ce conflit grâce aux médias pouvons faire pour la paix en Iran. Heureuse de cette question, après un gracieux sourire, elle répondit sans hésiter : « Il faut faire ce que, nous les européens savons faire et que les Américains ne savent pas faire actuellement, il faut réfléchir avec les Iraniens et travailler avec eux. Ce ne sont pas les bombes et la guerre qui peuvent changer quoi que ce soit au régime actuel, ce sont les civils qui, là-bas, sont de loin les plus nombreux, les mieux informés et les plus capables d’imposer un changement. Ils ont contre eux, une police nombreuse, structurée, puissante et capable de tuer sans problème. Pourtant, ils peuvent par des opérations et des actions civiles fortes, modifier la donne ». J’imagine par exemple des opérations de désobéissance civiles massives mais cela mérite étude et connaissance approfondie de la situation selon les méthodes de Gene Sharp. Nous pouvons y réfléchir et travailler avec eux.

Pour moi qui ai suivi les résistances civiles du XX° siècle, j’ai apprécié cette réponse. Elle correspond aussi à un souhait que j’exprime depuis la guerre d’Ukraine qui consiste à m’étonner du temps énorme que nous passons à suivre ces nouvelles guerres par leurs évènements et leurs problèmes au lieu de passer ce temps à réfléchir à ce que « nous » pourrions faire de concret et que nous ne faisons pas malgré l’urgence.

Par exemple, notre Union Européenne est une véritable puissance mais elle ne dispose d’aucune structure de puissance pour la mettre en œuvre efficacement face à Poutine et à Trump. Nous disposons de cette puissance mais nous ne l’avons pas structurée : je pense à la création d’une véritable armée européenne. C’est impensable aujourd’hui mais ça peut le devenir si, avec les pays volontaires, nous accélérons la création d’un véritable État européen. L’Union Européenne n’est aujourd’hui qu’une confédération, nous pouvons en faire une fédération. Cette idée n’est pas nouvelle, elle est rêvée et même préparée depuis longtemps par de nombreux européens. Elle est même aujourd’hui soutenue par Mario Draghi.

Autrement dit, Poutine nous fascine en Ukraine, Trump nous fascine en Iran et nous passons notre temps à écarquiller les yeux, alors qu’Européens nous avons la puissance de pouvoir agir de manière forte et raisonnable (pas forcément de manière militaire). Les Iraniens et les Ukrainiens ont grand besoin de nous ; nous devons réfléchir et nous prendre en main au lieu de n’être que des spectateurs, nous en avons les moyens et c’est devenu très urgent. 

J.M. 2 avril 2026